Arche de Noé

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Ce n’est pas compliqué de trier

Lucas était un vrai craintif, aussi il était un …, je ne me souviens plus du mot, mais c’est un mot pour désigner, celui qui n’aime pas travailler. Tout ce qu’il savait faire, c’est utiliser, consommer et déposer ce dont il n’avait plus besoin à côté, sans se préoccuper de ce qui suivrait son geste irresponsable.

Heureusement, il n’était pas méchant, sinon, la police aurait tout de suite mis la main sur lui, vu le nombre de traces, plutôt d’empreintes, qu’il laissait derrière lui, chaque fois, qu’il posait un trognon de pomme sur le buffet, un emballage de biscuit sur la table, une bouteille de lait sur le plan de travail, des papiers froissés dans les tiroirs, un paquet de chips dans la salon et bal bal ba bla.

Mais à la maison, c’est papa et maman qui décidèrent de jouer à la police, pour mettre tout d’abord un peu d’ordre dans la maison, et pour apprendre à Lucas ce qu’était la citoyenneté, car on apprend à être un bon citoyen, dès le plus jeune âge. Ils enfilèrent alors le costume de la police, et s’armèrent d’un talkie-walkie, pour communiquer entre eux.

– Lucas, dorénavant, tu ne laisses plus rien traîner derrière-toi. Tu mets à la poubelle tout ce dont tu n’as plus besoin, sinon, tu seras puni, lui annonça maman avec un ton ferme et sérieux.

Lucas ne voulait plus demeurer un …, je ne me souviens plus du mot, mais c’est un terme qui désigne une personne qui n’aime pas trop travailler, et ne veut plus rester craintif non plus. Alors, il décida de prendre le taureau par les cornes, et commencer tout de suite de ranger ce qu’il laissait derrière lui. Il prit un grand sac, et hop, il mit dedans, emballages de biscuits, boites de conserves, piles, fil de fer tordue avec quoi il bricolait, épluchures de légumes qu’il aperçut sur le plan de travail. Il passa près du canapé, pris le journal du jour, quelques anciennes revues de maman ; pénétra dans la chambre de notre petite sœur, saisit des jouets cassés, entra dans la salle de bain, récupéra des bouteilles de shampoings, des déodorants vides. Le sac était plein à ras-bord. Il ouvrit la porte et le tira jusqu’au portail de la maison en disant : « Demain matin, avant d’aller à l’école, je le mettrai dans le bac ». Il retourna à la maison avec une peur bleue, car à 18h du soir, il faisait déjà noir, et Lucas sentait toujours comme des fourmis lui courir sur la peau, quand il se trouvait seul dans le noir. Quel trouillard, ce Lucas !

Il entra dans sa chambre, se mit à faire ses devoirs, et entendit un bruit assourdissant. Sur les pointes des pieds, il avança vers la fenêtre, regarda la provenance du bruit. Le tapage venait du fond du jardin, près du portail, plus précisément, du grand sac qu’il avait posé. Il frissonna, voulut crier, pleurer en sanglot. « Mon dieu, qui parle ? Qui est dans le grand sac ? Y-ai-je mis maman sans m’en apercevoir ? Y-ai-je jeter papa sans m’y rendre compte ? Ou c’était bien ma petite sœur, que j’ai prise pour un doudou inutilisable ? ». Il tendit l’oreille et se concentra. « Ne nous sommes pas des épluchures de légumes, nous sommes une partie des légumes que vous n’aimez pas consommer »,  « Je ne suis pas un journal ultérieur. Je suis du papier dont vous ne pouvez vous en passer »,  « Ne nous sommes pas des boites de conserves vides, mais des matériaux que vous pouvez réutiliser »,  « Je ne suis pas une bouteille de lait vide, mais… ».

Lucas, le craintif, et qui n’est plus un …, je ne me souviens plus, ce mot qui désigne celui qui n’aime pas trop travailler, cria de toutes ses forces « Maaaaaammmmannn ! » Maman se hâta à son secours, puis regarda à son tour par la fenêtre, tendit l’oreille, et le consola : « Mais oui Lucas, ce sont les objets que tu as mis dans le sac pêle-mêle qui s’indignent, qui protestent. Il fallait les trier avant de les poser sous l’arbre,  de cette manière, demain matin, tu ne perdras pas de temps, tu mettras chaque sac dans le conteneur qui lui était destiné. Allons faire le tri ». Lucas suivant maman, lui demanda pourquoi fallait-il trier. Papa qui entendit sa question vint les rejoindre et répondit : « Il ne faut pas nettoyer sa maison et salir sa ville.

Il y a des gens qui recyclent les objets que nous jetons. Après le recyclage, les journaux, revues et magazines redeviendront journaux, revues et magazines. Les bouteilles transparentes claires redeviendront des bouteilles, les bouteilles teintées deviendront des pulls polaires, les bouteilles opaques deviendront des arrosoirs ou bacs de collecte, les briques alimentaires deviendront des papiers essuie-tout ou du papier cadeaux, les plats en aluminium deviendront des trottinettes ou des vélos, l’acier deviendra des outils, des voitures, des chariots. Et pour ce faire, le citoyen qui ne veut plus de ces objets, et souhaite s’en débarrasser doit les trier. Les bouteilles, les bocaux et les pots en verre, nous devons les mettre dans le conteneur vert. Les bouteilles plastiques, les emballages métalliques et les briques alimentaires, dans le conteneur jaune. Le papier et le carton dans le conteneur bleu. Les déchets, comme par exemple une chaise cassée, un canapé trop usé, un vélo, un micro-ondes, on les met à la déchetterie, et seront déposés après, dans des usines de traitement. Les médicaments et les piles qui sont périmés, nous les déposons dans des points de collecte, etc. »

Lucas, le craintif, et qui n’est plus un …, je ne me souviens plus, ce mot qui désigne celui qui n’aime pas trop travailler, resta bouche-bée un long moment, se gratta la fesse, le regard plongé dans je ne sais plus quoi, c’était comme s’il revivait un souvenir, et puis dit : « Mais pourquoi papy ne jette jamais les épluchures et le reste de légumes et de fruits ? Pourquoi, il les met dans un grand bac dans le jardin ? » Maman lui expliqua : « Après des mois, ces épluchures de légumes et de fruits deviendront du compost pour son potager, et il aura une bonne récolte ». Lucas, se pencha vers le sac, récupéra les épluchures de légumes et courut dans le fond du jardin, où il faisait plus sombre, entra dans le garage sans même allumer la lumière, saisi un pot, et l’installa derrière la maison pour faire du compost lui aussi. Les parents étaient déjà rentrés à la maison, mais Lucas à la fin de l’histoire n’était plus un craintif ni un…, je ne me souviens plus de ce mot, qui désigne celui qui n’aime pas trop travailler, ah ça y est, je me souviens, c’est « paresseux », mais il ne l’était plus. Bravo Lucas !

 

  • Auteur : Rmili Fatiha
  • Illustrateur : Hamza Rholamallah
  • Date de parution : 19/03/2017
  • Thème : L’environnement
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Updated: 23/08/2018 — 00:23

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